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Emploi : le télétravail, un moyen de trouver et... garder ses salariés ?

57% des salariés travaillent à distance au moins un jour par semaine

Face à la pénurie de talents sur le marché du travail, l'enjeu pour les ressources humaines (RH) est de maintenir les employés en poste. Facilité par les ordonnances Macron, le télétravail est plébiscité par les employés et les employeurs. Explications.

Les difficultés à recruter dans l’industrie du tourisme ne sont plus à énumérer : manque de candidats, d’attractivité, ou encore inadéquation entre monde de l’entreprise et formation… 

Maintenir ses collaborateurs en poste est devenu primordial pour les directions des ressources humaines (DRH) et les directions sur un marché de l’emploi tendu. Offrir à ses équipes la meilleure qualité de vie au travail est une priorité, en misant notamment sur un cadre de travail plus flexible. 


En pleine recherche d'innovations par les ressources humaines, le télétravail a trouvé un nouvel écho. 

Dans le code du travail, il désigne « toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux, de façon volontaire, en utilisant les technologies de l’information et de la communication » (l’article L.1222-9).

Globalement, cette nouvelle façon de travailler est en progression, et concernerait désormais 25% des travailleurs selon une étude de l’Ifop pour le compte du groupe Malakoff Médéric publiée en janvier 2018. 

Toujours selon cette dernière, aujourd’hui, ce sont près de 57% des salariés qui travaillent à distance au moins un jour par semaine, dont 85% de manière contractualisée et 47% de manière non-contractualisée.

 

Plus de performance, moins d’absentéisme

Les bienfaits du télétravail sont multiples, que ce soit du point de vue de l’entreprise ou de celui des salariés. 

Pour 90% des télétravailleurs, cette pratique offre une meilleure autonomie et une plus grande efficacité dans le travail, selon les résultats de l'étude Ifop. 

Pour 82% des employeurs, on remarque un engagement plus important des salariés, ainsi qu’une plus grande responsabilisation et prise d'autonomie. 

Ainsi, 39% des dirigeants déclarent observer une baisse de l’absentéisme. 

Autre avantage à ne pas minimiser, le recours au télétravail serait également le moyen de développer la marque employeur, selon 68% des personnes sondées.

 

Le télétravail, une proposition attrayante

« Il y a deux ans, on peinait vraiment à recruter. Le télétravail nous a permis de trouver des « talents », des personnes qui ont plaisir à exercer leur métier, impliquées… et installées en province, précise Nicole Le Calvez, directrice des ressources humaines de Frequent Flyer Travel Paris. 

Nous avons commencé le télétravail en 2005, c’était très timide au départ. Aujourd’hui, sur 120 collaborateurs, environ 78% des équipes, tous services confondus, sont en télétravail pendulaire, selon le souhait de la personne, son lieu d’habitation et les possibilités en interne. » 

Idem chez Austral Lagons, tour-opérateur spécialiste de Tahiti et ses îles, de l’Océan Indien et de l’Afrique Australe, où le télétravail est clairement un atout pour l’entreprise. Mais cette nouvelle organisation ne peut fonctionner sans la mise en place de process et de règles établies. 

« Depuis un an et demi, nous proposons du télétravail pour les gens expérimentés, ceux qui maîtrisent nos process, nos systèmes de réservation et nos destinations. Généralement, on peut y accéder après six mois au sein de l’entreprise, précise Hélion de Villeneuve, directeur général d’Austral Lagons. 

Aujourd’hui, sept ou huit personnes en profitent, de manière permanente ou quelques jours par semaine ».

 

Une nouvelle législation

Les ordonnances Macron ont modifié la législation en matière de télétravail, devenu plus accessible. 

En cas de demande du salarié, l’employeur ne peut s’y opposer s’il y est éligible. 

Le télétravail peut être mis en place par accord collectif ou à défaut, dans le cadre d’une charte élaborée par l’employeur, après avis du comité social et économique (CSE). 

Cependant, dans les très petites entreprises, le télétravail passe toujours par la signature d’un avenant. 

L’accord ou la charte vont permettre de définir notamment les cas de recours au télétravail régulier, occasionnel ou en cas de circonstances particulières et de déterminer les modalités d’acceptation par le salarié, des conditions de mise en oeuvre, les plages horaires durant lesquelles l’employeur peut habituellement contacter le télétravailleur, etc.

 

Rédigé par Caroline Lelievre, journaliste chez TourMaG.com.

 

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