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Les petits déjeuners débats du Quotidien du Tourisme : « Les compagnies les plus puissantes d’Europe remettent en cause la neutralité d’affichage »

En 2017, tous les mois, « Le Quotidien du Tourisme / Le Mag » organise au Bristol, à Paris, des petits déjeuners thématiques. Autour de la table, pour parler des « outils de réservation », nous avons reçu Marc Leidelinger (Frequent Flyer Travel Paris), Charlotte Roussel (Aer Ticket), Christian Sabbagh (Orchestra), Fabrice Dariot (BDV), Alexandre Jorre (Amadeus), Emmanuel Bourgeat (Travelport) et Yannick Faucon (Resaneo).

Retrouvez l'intégral du débat ici

 

Quels sont les principaux outils de réservation utilisés par les agents de voyages ?

  • Marc Leidelinger (Frequent Flyer Travel Paris) : Historiquement ce sont les GDS. Mais nous observons une érosion depuis une décennie déjà. Chez Frequent Flyer Travel Paris, 15% de ce qu’on achète pour nos clients est hors GDS. Et encore ! nous rebasculons l’immense majorité de ces 15% en passif sur les GDS qui restent le centre du système solaire. Selon les besoins du client, on pioche dans des agrégateurs via des SBT, ou des consolidateurs. Au sein de l’agence, nous avons eu pendant des années un service loisirs qui achetait sur Go Voyages. Aujourd’hui on travaille avec Aer Ticket afin de compléter pour nos clients l’offre des GDS. Concernant l’hôtellerie, nous travaillons avec des HBT comme HRS, Teldar HCorpo, CDS, Booking voire Expedia.

Lorsqu’une entreprise demande de vous occuper de ses déplacements. En fonction de quels critères choisissez-vous l’outil ?

  • Marc Leidelinger : Il faut avoir la palette d’outils la plus large et la plus éclectique possible. Il s’agit de faire un assemblage le plus en adéquation avec le besoin du client. En fait il n’y a pas d’outil meilleur ou moins bon. Tous ont leurs avantages ou leurs inconvénients. Notre valeur ajoutée est de comprendre ce dont a besoin notre client. Et de lui dire « ça c’est bon pour vous » ou « ça, ça ne marchera pas » en fonction de sa typologie de trafic, sa politique voyage, la nature de ses déplacements, son histoire, sa maturité, ses capacités informatiques et comptables. Nous sommes agnostiques au niveau des outils mais il faut en avoir un maximum possible, et surtout les connaitre profondément. D’ailleurs certains collaborateurs chez nous les connaissent mieux que les juniors chez les éditeurs eux-mêmes. (…) La révolution est surtout au-niveau de la rapidité de la capacité de calcul et de puissance.

Quels sont les coûts de distribution pour une agence de voyages ?

  • Marc Leidelinger : Un peu moins pour une agence moyenne. Tout dépend de la stratégie, si on est dans le Cloud ou propriétaire. Cela va du simple au triple avec une stratégie de risque, de cible clientèle. Nous, nous sommes propriétaires de notre matériel physique dans des data centers. Cela nous coûte trois à quatre fois plus que si on était dans le nuage. Nous avons une fibre noire privée. On est sur deux data centers en même temps. C’est notre matériel. On ne le partage avec personne. L’informatique nous coûte environ 1% du volume d’affaires réalisé.

Dans l’aérien, la norme NDC est-elle la norme d’avenir ?

  • Marc Leidelinger : L’enjeu est sur le contenu. On doit nous proposer des choses qui soient au goût du jour. Après NDC ou pas, peu importe. C’est à nous de nous réapproprier cette valeur de conseil au client. C’est là qu’on va se sentir gagnants.

La norme NDC a-t-elle un avenir ?

  • Marc Leidelinger : Ce n’est pas tant la norme mais le concept qui a un avenir

Néanmoins cette norme NDC n’est-elle pas lancée un peu trop tôt ?

  • Marc Leidelinger : Là on entre dans l’eau mais on est encore loin du milieu du gué. De l’autre côté de la rive, ce sera pour 2020. On le voit bien chez Air France, ils sont au niveau de l’amateurisme.

Si les GDS ne sont plus financés par les compagnies aériennes, qui va payer ?

  • Marc Leidelinger : Notre valeur ajoutée, notre conseil est très important car entre un vieux siège pourri sur un A340 et un siège best sur 777, sur le site Air France tu ne vois pas. C’est à nous de la mettre en avant cette valeur.