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NEWSLETTER FÉVRIER/MARS 2019 - INTERVIEW - Retrouvez les méthodes d’intégration des jeunes en situation de handicap et l’impact sur les entreprises avec l’interview de Carla le Coq, coordinatrice Ulis, au Lycée Sainte Thérèse des Apprentis d'Auteuil.

A travers cette interview, Carla Le Coq met en avant les méthodes et conseils favorisant l’intégration des jeunes en situation de handicap dans le monde de l’entreprise. 

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre rôle au sein du Lycée Sainte Thérèse ?

Carla Le Coq : Psychologue et psychothérapeute. J'ai travaillé dans plusieurs structures relevant de l'enseignement et du handicap et je suis actuellement coordonnatrice d'une ULIS (Unité Locale d'Inclusion Scolaire) au lycée Sainte Thérèse des Apprentis d'Auteuil.

Comment orientez-vous les élèves avant ou pendant l'insertion ?

Carla Le Coq : Nous accompagnons les jeunes en vue de la construction de leur projet professionnel et nous visons le monde de l'entreprise. Les jeunes ont 4 ans pour consolider leur projet et choisir leur voie. La découverte commence par la proposition de plusieurs stages dans différents domaines pour qu'au fur et à mesure, avec l'aide précieuse des maîtres de stage, nous puissions évaluer leurs compétences sociales, transversales et professionnelles. Grâce à cette collaboration avec les entreprises, nous affinons le projet et travaillons à renforcer les compétences. Une fois le domaine d'orientation choisi, nous essayons d'aller plus loin dans notre partenariat avec l'entreprise en proposant au jeune une alternance, une sorte de stage de 2 jours/semaine étalé sur plusieurs mois, voire une année scolaire. L'objectif final de tout ce travail reste évidemment l'insertion professionnelle du jeune au sein d'une entreprise ordinaire.

Quels sont les critères d'un suivi scolaire ?

Carla Le Coq : Quant au suivi scolaire -comme le professionnel d'ailleurs- il est personnalisé, nos élèves n'ayant pas tous le même niveau. L'objectif ici étant de leur fournir le maximum de bagages scolaires dans plusieurs domainesleur permettant de gagner en autonomie. Ils travaillent donc les matières scolaires de base comme le français, les maths, les sciences etc... Nous essayons de répondre au mieux aux besoins de nos jeunes en choisissant les thèmes à aborder au niveau scolaire. Cela peut relever d'un besoin professionnel, comme apprendre l'anglais utile pour un serveur dans un restaurant, ou d'un besoin social ou d'autonomie comme la lecture des cartes, l'orientation, les courses etc... 

Quel est le taux de transformation en termes d'embauche ? Ou en termes d'insertion ?

Carla Le Coq : Il est vrai que de plus en plus d'entreprises s'ouvrent au monde du handicap. Globalement, nous remarquons une volonté d'insertion. Il leur est plus facile d'accueillir les jeunes pour un stage, que pour une embauche. Par ailleurs, les entreprises se rendent compte que la présence d'une personne en situation de handicap au sein de l'équipe peut transformer l'ambiance en la rendant plus détendue, avec plus de bienveillance...

Dans le cas d'Alexandre, quel projet professionnel avez-vous défini ?

Carla Le Coq : En fonction des compétences d'Alexandre, un projet comprenant des tâches spécifiques a été mis en place au sein de FFT PARIS – R&M FRANCE. Il s'agit de tâches logistiques et administratives comme faire des photocopies et scanner des documents, s'occuper du courrier, faire le suivi de l'hygiène des locaux et du réapprovisionnement de produits d'hygiènes... L’Agence a également le désir d'inclure le tri sélectif et de confier ce travail à Alexandre. Depuis cette alternance, Alexandre a gagné en estime de soi. Son attitude professionnelle d'adulte responsable se développe et il dit clairement être heureux dans cette entreprise.

Comment qualifieriez-vous la relation avec l'entreprise FFT PARIS – R&M FRANCE ?

Carla Le Coq : De son côté, FFT PARIS – R&M FRANCE a la volonté d'accueillir Alexandre et met en place l'accompagnement humain pour que tout se passe au mieux. Il est vrai que la présence d'un jeune en situation de handicap nécessite une certaine flexibilité de l'entreprise : une personne référente qui donne de son temps et de son énergie surtout au début pour démarrer. L’Agence en était complètement consciente et a pris les bonnes mesures pour le faire.

Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui souhaitent accueillir un jeune en situation de handicap ?

Carla Le Coq : Une entreprise qui souhaite accueillir un jeune en situation de handicap devrait être consciente qu'un accompagnement devra être mis en place pour la réussite de cet accueil. Un investissement est donc nécessaire au début, mais à la longue, le rapport devrait être un rapport gagnant/gagnant. Pour le jeune, qui a réussi à trouver du travail dans un milieu qui accepte bien ses limites, et pour l'entreprise qui devrait être capable de voir la productivité de cette personne. En termes de productivité, je mettrai le matériel mais également tout ce qui relève de l'humain, ce qu'une fragilité au sein d'une équipe peut créer en terme de cohésion et d'entraide.