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Special Challenge sportif - Retour en image sur la performance de Jean-Yves Pere...

Après plus de 4 mois de préparation, pari réussi pour Jean-Yves Pere, participant à l'Ironman de Nice le 5 juin dernier et conseiller voyage d'affaires Frequent Flyer Travel Paris

Retour en images avec le témoignage de ce sportif heureux et généreux, qui profite de sa performance pour collecter des fonds aux profits des chercheurs de l’Institut Curie.

J-2 avant le départ pour Nice - Le stress monte dans les rangs de la vingtaine de membres de mon club du LEVALLOIS TRIATHLON, inscrite sur l’épreuve.
La gestion de la logistique est lourde (check list et préparation des affaires, révision du vélo et autres aléas inhérents à l’organisation) et la grève SNCF n’arrange rien !
Certains trains sont annulés, le mien fort heureusement ne l’est pas.

Le vendredi 3 juin, nous arrivons à la gare qui, comme prévu, est bondée de voyageurs n’ayant pu prendre leur train. Nous obtenons le n° du quai avant qu’il soit affiché et évitons ainsi la foule nous permettant de nous installer sereinement et surtout de poser nos affaires et nos vélos. Le train part avec 30mn de retard, mais notre arrivée se fera à temps pour retirer nos dossards et nous laisser une bonne partie de la journée de samedi pour préparer nos équipements.
 
J-1 - La météo pour dimanche est plus qu’incertaine. En particulier dans l’arrière-pays niçois, et sur la ville de Nice où des risques d’orages violents sont annoncés. Je prépare donc mes différents sacs de transition que je devrai déposer la veille du départ en anticipant d’éventuels aléas climatiques.
Arrive l’heure de poser mon vélo, et dehors : c’est le déluge. Heureusement, j’ai doublé mes sacs de transition avec des sacs poubelle pour éviter que les vêtements ne soient trempés puisqu’ils sont laissés à l’extérieur jusqu’au matin.

Jour J - Après une nuit plus que courte et agitée, je me lève à 03h00 du matin pour petit-déjeuner tôt. Finir de digérer et ainsi éviter les troubles digestifs avant le départ de la course est un impératif pour tout Ironman qui se respecte J
J’essaie de me rendormir mais je suis trop anxieux. Tant pis, je rassemble mes affaires de natation et ce que je vais installer sur mon vélo (boisson et nourriture). Je peaufine mon équipement.


Arrivé sur la zone de départ, je prends la dimension de l’évènement, il est 5h15 du matin et ça grouille de partout. Entre les concurrents et les accompagnants, j’essaie de me frayer un chemin jusqu’au parc à vélos. Je croise mes partenaires de club que je salue, mais l’urgence est de trouver un endroit calme pour me concentrer.
Comme le départ se fait par 5, je choisis de partir avec quatre partenaires ayant pour objectif de faire les 3.8km en moins d’1h10, à l’épreuve de natation.

A l’heure indiquée, je tente de rallier le point de rendez-vous mais une marée humaine me sépare de mon groupe. C’est donc seul que je me dirige à l’endroit que l’on s’était fixé, en croisant les doigts pour les retrouver. Dans le même temps, je m’aperçois que j’ai mis ma combinaison de natation à l’envers !!!! Je l’enlève et la remets aussi vite que je peux… mais le néoprène colle à la peau… je vous laisse imaginer la situation…
Fort heureusement, j’y parviens avec suffisamment de temps pour plonger dans l’eau et prendre mes marques avant le départ. Je sens, toutefois, que le port de ma combinaison n’est pas optimal. A mon grand soulagement, je retrouve mes partenaires, ce qui me fait oublier la combinaison. On s’étreint, on s’encourage, cela fait du bien.
Nos regards ne trompent pas, concentrés et fin prêts pour notre 1er objectif : faire la natation sans trop puiser dans nos réserves et dans le chrono que nous nous sommes fixés.
Vient notre tour, on s’élance, j’essaie d’éviter la bagarre et de gérer du mieux possible mon souffle et mes mouvements. J’ai de bonnes sensations même si ma combinaison me gêne et qu’elle est en train de me brûler la nuque avec les frottements répétés. A la fin de la 1ère boucle, je regarde mon chrono pour savoir si je suis dans les temps et à ma grande surprise, je suis plus rapide que je ne pensais ! Si je continue comme cela, je ferais bien moins d’1h10.
La 2ème boucle est plus difficile car plus courte et l’affluence plus dense, la fatigue se fait un peu sentir. J’ai plus de mal à poser ma nage et suis contraint de jouer des coudes pour éviter mes concurrents et ne pas trop boire la tasse.

Arrive la fin de la partie natation, je dois battre des jambes pour accélérer et faire affluer le sang, car je ne les ai quasiment pas sollicitées pendant cette épreuve afin de les économiser pour la suite.
J’arrive sur le tapis détrempé qui mène jusqu’au parc à vélo et je trébuche, un bénévole me relève gentiment, c’est alors que je regarde mon chrono : 1h07 pour faire les 3.8km soit 3 minutes de moins que l’objectif fixé ! Cela me met du baume au cœur et je pars confiant pour la partie vélo.

Je récupère mes affaires restées au sec dans mon sac de transition et pars à vélo pour 180km dans l’arrière-pays niçois avec plus de 2000m de dénivelé positif.
Les 20 premiers kilomètres sont assez roulants et j’ai une bonne allure. Seule ombre au tableau, une douleur lancinante au ventre due à l’eau de mer ingurgitée lors de la précédente épreuve. Puis vient le virage à gauche qui annonce la portion où l’on amorce une montée continue jusqu’ au point culminant de l’épreuve vélo : le col de l’Ecre, à plus de 1100m d’altitude. Le ciel est très menaçant ; la pluie est annoncée vers 13/14h. Je dois impérativement arriver à Nice avant si je veux éviter tout danger !

J’arrive en haut du col de l’Ecre après 2h40 d’effort, il me reste un peu plus de 100km à parcourir, mais je suis dans les temps que je me suis fixé. La suite est une succession de montées, de descentes et de faux plats avec parfois du vent de face, ce qui est assez éprouvant. Mes cuisses commencent à souffrir… J’attends avec impatience la partie descendante du parcours. D’autant que quelques petites gouttes viennent me rappeler à l’ordre : si je tarde trop, je vais subir une averse !
Heureusement, ce n’est pas le cas. Ce qui me permet de faire la descente tranquillement et récupérer un peu en prévision du marathon. Je dois m’alimenter, mais boire et manger à plus de 45km/h avec une succession de virages devient de plus en plus difficile.
Après 150km, arrive la partie « plate » qui nous ramène à Nice. Je dois me préserver et ne pas trop puiser dans mes réserves pour bien finir. Le vent de face me freine et je sens ma selle bouger… Il me reste 20km avant l’arrivée... Deux choix s’offrent à moi : soit, m’arrêter pour réparer sans garantie que cela soit possible, ou bien continuer vaille que vaille en l’état. Je choisis la 2ème option par peur de ne savoir réparer ou pire encore de ne pas pouvoir remonter sur mon vélo à cause d’une crampe ! Je mise donc sur la prudence en appuyant moins sur les pédales mais ma position n’est pas optimale et me fait mal au dos. Mes jambes sont de plus en plus lourdes... Je rejoins le parc à vélo tant bien que mal, mais soulagé de pouvoir affronter l’ultime épreuve : le marathon.

Je sais maintenant que quoi qu’il arrive, je vais finir cet Ironman.
Je suis toujours en avance sur mon objectif de finir en dessous des 12h.

Je prends mes affaires de course à pied et m’élance pour parcourir les 42.195km qui me séparent de la ligne d’arrivée. A mon grand étonnement, les jambes répondent bien et je pars sur une allure supérieure à celle que je me suis fixée, soit 11km/h pour un chrono marathon d’environ 4h (arrêts aux ravitaillements compris).
J’ai tellement entendu dire que le plus dur survenait dans les 10 voire 5 derniers kilomètres que je me raisonne et décide de ralentir mon allure. Malgré cela, je sens que je vais encore vite, sans doute trop et surtout je ne m’arrête pas pendant 17km, buvant et me nourrissant au vol.

Je suis totalement dans mon objectif et peux même envisager de descendre en dessous des 11h30 si je continue ainsi. Je m’autorise néanmoins à m’arrêter au prochain ravitaillement, en espérant que les jambes tiennent. Mais elles ont du mal à reprendre le rythme. Je cours entre 8.5 à 9.5km/h et ma moyenne commence à chuter dangereusement. J’essaie de me rassurer en me disant que quoi qu’il arrive je finirais en moins de 12h, mais je n’arrive plus à m’alimenter correctement, je ne fais que boire. Je me force à avaler un gel, en espérant qu’il me redonne un coup de fouet, mais je craque… psychologiquement… Et voilà que je commence à m’arrêter et à marcher à chaque ravitaillement, soit tous les 2km environ.

Les 11h30 s’éloignent, mais faire moins de 12h reste encore largement jouable. Aussi, je m’invective pour me booster et finir les 5 derniers kilomètres. C’est presque fini… Je ne dois plus réfléchir. Mes jambes repartent à une allure convenable et lors des 2 derniers kilomètres, j’arrive même à accélérer pour clôturer mon marathon en 4h20 à presque 10km/h de moyenne.

Je profite de la « finish line » avec la foule qui applaudit et dis un petit mot à ma femme, qui a enduré tous ces efforts et sacrifices depuis plusieurs mois. Je finis en 11h38mn45s.

J’ai réussi mon objectif, je suis heureux et mon classement général est plus que correct finissant 982ème sur 2407 finishers pour 2885 inscrits.
 

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Avec mon club, nous avons décidé de dédier notre performance aux chercheurs de l’Institut Curie pour donner du sens à notre effort.
Nous organisons une collecte de fonds afin de réunir le maximum d’argent.

Si vous le souhaitez, vous pouvez participer en faisant un don : Je souhaite faire un don

Attention date limite : 25 juin 2016

Tous les soutiens sont les bienvenus. Merci d’avance à chacun de vous de votre générosité.

Ensemble, faisons reculer le cancer !

Et n’oubliez pas, si vous êtes un particulier, vous bénéficiez d'une réduction fiscale de 66% de votre don. Ainsi un don de 100 € coûte au réel 34 € ; un don de 20 € coûte 6,80 €

Si on veut, on peut et si on peut, on doit !

Merci de m’avoir suivi, merci de m’avoir encouragé.
A bientôt sur une épreuve sportive ou au téléphone avec Frequent Flyer Travel Paris.

Jean Yves Pere